Serge Dal Busco
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Etre ouvert et maîtriser son futur

Je me suis déjà largement exprimé concernant l’évolution de notre commune au cours des vingt à trente prochaines années, mais je pense qu’on ne le répétera jamais assez ! Il apparaît inéluctable que le village de Bernex soit appelé à s’agrandir et à accueillir de nouveaux habitants.

C’est la conséquence de l’arrivée du tram et de la relative proximité de la « ville ». Nous ne considérons toutefois pas cela comme une fatalité, mais plutôt comme une opportunité qu’il faut saisir. La classe politique bernésienne, dans son ensemble, partage ce point de vue dans les grandes lignes, avec bien sûr des nuances selon les partis.

Parmi les avantages, on voit la possibilité de créer des logements, tous ceux qui en sont à la recherche désespérément, en particulier les jeunes, apprécieront, mais aussi des emplois et des services de proximité, dans des quartiers exemplaires d’un point de vue environnemental. Bernex paraît donc plutôt bien disposé, mais nous devrons être très attentifs ! Le canton pourrait être tenté de « profiter » d’une certaine bienveillance de notre part.

Notre nouveau plan directeur, en cours d’élaboration, dira ce que nous acceptons de faire.

Nous y définirons notre vision et les étapes pour y parvenir. Bernex se veut réaliste et constructive. Aux autorités cantonales de saisir cette occasion et d’en faire de même.


Les règles du jeu sont claires !

Si l’on en croit certains articles de presse parus récemment, notre commune serait prête, de manière joyeuse et insouciante, à voir sa population doublée en l’espace de seulement quelques années, sans que ses autorités n’y trouvent quoi que ce soit à redire.

« On se calme ! », suis-je obligé de dire et d’expliquer encore une fois notre position, comme le Conseil administratif a déjà eu l’occasion de le faire, que ce soit ici-même ou lors de réunions publiques.

En premier lieu, il faut rappeler que tout est parti de la décision de construire une ligne de tram entre Cornavin et Bernex (TCOB), sur un axe déjà bien desservi par les trolleybus. Certes, une fois que le chantier et les désagréments considérables qu’il occasionne seront terminés, la qualité et la fiabilité du service sera améliorée. Mais un tram, par son caractère structurant, offre une particularité supplémentaire : en pouvant transporter beaucoup de passagers, il incite à un développement urbanistique des territoires qu’il traverse. Telle est la volonté du canton et ce sera le cas à la Jonction, au Petit-Lancy, à Confignon et enfin à Bernex.

Pour notre commune, les choses se sont encore précisées avec la décision de prolonger jusqu’à Vailly, en empruntant la route de Chancy, un tracé qui devait initialement avoir son terminus à proximité de Bernex-en-Combes.

D’abord réticents, le Conseil administratif et le Conseil municipal ont finalement soutenu cette prolongation en raison de la grave péjoration de service que notre population aurait eu à subir avec le projet initial.

Dès lors, les différentes études menées dans le cadre du Projet d’Agglomération, ont imaginé que Bernex pourrait accueillir, à l’horizon 2030, le long de la ligne de tram du côté « Jura » de la route de Chancy, environ 10’000 habitants supplémentaires !

Nous devons admettre que Bernex connaisse un certain développement, ne serait-ce que pour apporter sa contribution à la grave crise du logement. Mais il est hors de question que cela se fasse de manière massive et brutale.

Cette évolution, nous voulons la maîtriser et c’est  ce que nous attendons de la part des autorités cantonales en échange de notre attitude positive et constructive.

Concrètement, cela signifie que :

-          Le développement se fasse par étapes, sur une période suffisamment longue, afin que nos finances  n’en souffrent  pas et que nous puissions intégrer au mieux les nouveaux habitants ;

-          La qualité urbanistique et environnementale doit être exemplaire ;

-          Les erreurs du passés ne doivent pas se répéter : nous ne voulons pas d’une « cité dortoir », mais de quartiers mixtes et vivants, avec des formes d’habitat diversifiées, des infrastructures et des services de qualité et des emplois en nombre suffisant, soit au minimum 1 emploi par logement !

-          Il est hors de question que Bernex se « sacrifie », sans que les autres communes n’apportent également leur contribution.

Voilà quelles sont nos règles du « jeu » ! Les autorités cantonales les connaissent et se montrent pour l’instant plutôt bien disposées. Espérons qu’il en aille de même après les élections  cantonales de cet automne.