Energie et environnement : ne pas relâcher nos efforts !
Il y a une année à peine, le prix du pétrole avait atteint des hauteurs stratosphériques, avec un record historique à 145 dollars le baril au début du mois de juillet 2008. L’économie mondiale tournait alors encore à plein régime et personne, à part quelques esprits éclairés, n’imaginait alors la brutalité du retournement de situation qu’on allait connaître à peine deux mois et demi plus tard.
Il y a un an, la prise de conscience de la problématique énergétique et de ses conséquences climatiques avait réussi, enfin devrais-je dire, à marquer l’opinion publique à l’échelle planétaire. Hélas, la brutalité avec laquelle la crise financière s’est abattue, sur les marchés d’abord, puis sur l’ensemble de l’économie mondiale a fait passer, je le crains, ces préoccupations au second plan.
Nul doute que tout reste à fait et on s’en apercevra rapidement dès que la conjoncture s’améliorera, ce qui évidemment très souhaitable. Certes la plupart des gouvernements, à commencer par celui des Etats-Unis – quel retournement de situation là aussi – ont vu à juste titre que l’économie ne trouverait son salut qu’en se restructurant profondément et en s’orientant de manière décisive vers des technologies respectueuses de l’environnement. En ce sens, les difficultés économiques actuelles devraient être considérées comme une opportunité à saisir. Et qu’il faut saisir absolument !
La politique de notre pays s’inscrit dans la même stratégie, mais de manière beaucoup trop timorée, hélas. Il n’y a qu’à voir la désolante manière avec laquelle on a « chipoté » ce printemps à Berne sur l’ampleur à accorder, par exemple, au soutien à la production d’électricité photovoltaïque.
Dans ce domaine, comme dans tous ceux visant à une utilisation plus rationnelle de l’énergie, le potentiel dans notre pays est considérable. Une action volontaire et très déterminée de la part des pouvoirs publics, au niveau national, permettrait de générer de nombreux emplois en Suisse, tout en réduisant très fortement notre dépendance énergétique et notre contribution au réchauffement climatique.
Il n’y aurait donc que des avantages et je trouve navrante la timidité dont on fait preuve. A Genève, la politique appliquée par le canton est heureusement plus ambitieuse. Elle va dans le bon sens, notamment quand on considère certaines mesures récemment décidées par le Conseil d’Etat pour favoriser la relance et l’emploi, même si à mon avis on n’en fera jamais assez dans ce domaine.
Et au niveau des Communes ? En Suisse, elles ont toujours été en avance sur ces questions, même lorsque le coût des énergies était tellement bas qu’elles étaient pratiquement les seules à s’intéresser à ces questions. C’est ainsi que nombre d’entre elles, dont douze à Genève, ont obtenu le label « Cité de l’Energie » (www.citedelenergie.ch), concrétisant un engagement responsable et conséquent dans les questions relevant de l’énergie et de l’environnement.
C’est très réjouissant et je souhaiterais personnellement que toutes celles qui n’ont pas encore entrepris cette démarche – certaines sont actuellement en cours de certification – puissent le faire rapidement.
Détentrice du label depuis plus d’un an et demi, notre commune de Bernex ne peut que se féliciter d’avoir franchi le pas. La mise en place et la réalisation d’un programme d’action sur trois ans, portant non seulement sur les seules questions d’économie d’énergie, mais également sur la mobilité et l’aménagement, par exemple, montrent qu’on peut, par des mesures relativement simples, agir localement de manière non seulement responsable, mais également économiquement très intéressante.
Un autre effet positif d’une telle politique à l’échelle communale réside dans la valeur d’exemple témoignée envers les habitants. Montrer ce qu’il est possible de réaliser concrètement est très incitatif pour nos concitoyens qui peuvent ensuite le reproduire sur le plan privé.
A l’heure où l’on commence à préparer les budgets pour l’année 2010, tout en s’interrogeant à juste titre sur l’ampleur des effets de la crise sur les recettes fiscales, je trouverais très regrettable que l’on coupe l’effort consenti jusqu’ici sur les plans énergétique et environnemental et que l’on réduise les montants affectés à cet effet , tant dans les budgets de fonctionnement que d’investissement.
Ce n’est vraiment pas le moment de relâcher nos efforts.
Le Défi de l’Energie
Notre commune s’est récemment dotée d’un Agenda 21. Il contient 25 actions proposées par des citoyens bernésiens dans les cinq domaines qui avaient été jugés prioritaires lors du lancement de cette opération de démocratie participative.
Le domaine de l’énergie n’en faisait pas partie en tant que tel, mais ce n’était certainement pas par manque d’intérêt. D’ailleurs, le sujet a souvent été abordé dans les domaines étudiés, comme par exemple celui de la mobilité. La poursuite des travaux de l’Agenda 21 lui réservera certainement une place de choix.
En effet, l’énergie constitue le défi majeur que nous auront à relever au cours de ces prochaines années.
Sans vouloir revenir sur tous les points abordés lors de mon allocution du 1er août, que vous pourrez retrouver plus loin dans ce journal, je voudrais insister sur le rôle qu’une commune comme la nôtre peut jouer dans cette affaire.
L’énergie est l’objet d’enjeux planétaires car les dangers du réchauffement climatique nous menacent tous et touchent tous les pays, qu’ils soient riches ou pauvres. De plus, on sait bien que les conflits actuels dans le monde sont pour la plupart causés par la volonté, plus ou moins affichée, de s’assurer le contrôle des réserves de pétrole et de gaz.
Il y a donc au moins deux raisons objectives de tout faire pour réduire notre dépendance aux énergies non renouvelables : éviter des catastrophes climatiques et promouvoir la paix dans le monde !
A celles-ci s’ajoute l’opportunité pour notre pays de développer un grand savoir faire dans les technologies respectueuses de l’environnement et d’assurer ainsi une croissance économique et des places de travail durables.
La Commune de Bernex est décidée à apporter sa contribution dans ce domaine. C’est ainsi que deux de nos bâtiments communaux seront chauffés dès cet automne avec des chaudières à bois ! Il s’agit de l’école de Vailly, où le chauffage à mazout sera démantelé, et de la nouvelle crèche.
Le bois, produit en quantité considérable par la forêt suisse, est un combustible « neutre » en matière de production du gaz carbonique responsable de l’effet de serre. Si sa combustion dégage en effet du CO2, il en serait de même si on le laissait se décomposer sans le valoriser.
La nouvelle école de Cressy, construite conjointement avec la commune de Confignon et qui vient de s’ouvrir, est elle aussi chauffée de manière respectueuse de l’environnement ! En effet, tout comme une bonne partie du nouveau quartier qui l’entoure, ce sont les déchets brûlés à l’usine des Cheneviers qui fournissent la chaleur nécessaire !
Ces récentes réalisations montrent la voie que nous avons choisie pour Bernex, mais il reste encore beaucoup à faire.
Au gré des prochaines rénovations de bâtiments, d’autres projets de ce type seront mis en œuvre.
De plus, afin de mettre en place une politique énergétique cohérente et une stratégie globale, notre commune s’est engagée dans un processus de certification « Cité de l’Energie ». C’est un travail considérable qui consiste, dans un premier temps, à analyser de manière détaillée comment est dépensée l’énergie dans notre gestion de la commune, puis à améliorer de manière permanente notre performance en la matière.Si tout se passe comme prévu, un label « Cité de l’Energie » pourra nous être décerné, probablement dans le courant de 2007.






