Serge Dal Busco
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Les règles du jeu sont claires !

Si l’on en croit certains articles de presse parus récemment, notre commune serait prête, de manière joyeuse et insouciante, à voir sa population doublée en l’espace de seulement quelques années, sans que ses autorités n’y trouvent quoi que ce soit à redire.

« On se calme ! », suis-je obligé de dire et d’expliquer encore une fois notre position, comme le Conseil administratif a déjà eu l’occasion de le faire, que ce soit ici-même ou lors de réunions publiques.

En premier lieu, il faut rappeler que tout est parti de la décision de construire une ligne de tram entre Cornavin et Bernex (TCOB), sur un axe déjà bien desservi par les trolleybus. Certes, une fois que le chantier et les désagréments considérables qu’il occasionne seront terminés, la qualité et la fiabilité du service sera améliorée. Mais un tram, par son caractère structurant, offre une particularité supplémentaire : en pouvant transporter beaucoup de passagers, il incite à un développement urbanistique des territoires qu’il traverse. Telle est la volonté du canton et ce sera le cas à la Jonction, au Petit-Lancy, à Confignon et enfin à Bernex.

Pour notre commune, les choses se sont encore précisées avec la décision de prolonger jusqu’à Vailly, en empruntant la route de Chancy, un tracé qui devait initialement avoir son terminus à proximité de Bernex-en-Combes.

D’abord réticents, le Conseil administratif et le Conseil municipal ont finalement soutenu cette prolongation en raison de la grave péjoration de service que notre population aurait eu à subir avec le projet initial.

Dès lors, les différentes études menées dans le cadre du Projet d’Agglomération, ont imaginé que Bernex pourrait accueillir, à l’horizon 2030, le long de la ligne de tram du côté « Jura » de la route de Chancy, environ 10’000 habitants supplémentaires !

Nous devons admettre que Bernex connaisse un certain développement, ne serait-ce que pour apporter sa contribution à la grave crise du logement. Mais il est hors de question que cela se fasse de manière massive et brutale.

Cette évolution, nous voulons la maîtriser et c’est  ce que nous attendons de la part des autorités cantonales en échange de notre attitude positive et constructive.

Concrètement, cela signifie que :

-          Le développement se fasse par étapes, sur une période suffisamment longue, afin que nos finances  n’en souffrent  pas et que nous puissions intégrer au mieux les nouveaux habitants ;

-          La qualité urbanistique et environnementale doit être exemplaire ;

-          Les erreurs du passés ne doivent pas se répéter : nous ne voulons pas d’une « cité dortoir », mais de quartiers mixtes et vivants, avec des formes d’habitat diversifiées, des infrastructures et des services de qualité et des emplois en nombre suffisant, soit au minimum 1 emploi par logement !

-          Il est hors de question que Bernex se « sacrifie », sans que les autres communes n’apportent également leur contribution.

Voilà quelles sont nos règles du « jeu » ! Les autorités cantonales les connaissent et se montrent pour l’instant plutôt bien disposées. Espérons qu’il en aille de même après les élections  cantonales de cet automne.


Maîtriser notre développement

Lors de sa séance du 7 novembre 2007, le Conseil d’Etat a pris une décision dont les conséquences à plus ou moins long terme seront très importantes pour Bernex. Ce ne sont pas tant les 1300 emplois à haute valeur ajoutée qui seront créés à proximité de St-Mathieu et de la bretelle d’accès à l’autoroute qui posent problème.

Ils sont en effet attendus de longue date par le Conseil administratif car ils permettront d’améliorer notablement notre situation financière. Ce ne sont pas davantage les 500 logements de toutes catégories, soit l’équivalent, ou presque, du nouveau quartier de Cressy, qui seront de nature à nous inquiéter, tant le besoin en la matière est énorme et l’effort à accomplir est justifié.

La  problématique provient davantage du fait que le Conseil d’Etat a inscrit cette urbanisation à venir dans une perspective encore plus ambitieuse, en considérant qu’elle ne représente que la  première étape de ce que le projet d’agglomération franco-valdo genevoise prévoit pour le village de Bernex : une population augmentée d’environ 10 à 12’000 habitants à l’horizon 2025 !

Mais comment en est-on arrivé là ? Le projet d’agglomération est à l’étude depuis environ deux ans au sein d’un groupe de travail regroupant un nombre restreint de personnes provenant de la région transfrontalière (Genève, Ain, Haute Savoie et district de Nyon) et chargé d’élaborer une charte régissant, à l’échelle de ce territoire et pour les 20 prochaines années, de nombreuses problématiques parmi lesquelles le logement, l’urbanisme et les transports.

 Il servira également à obtenir des financements fédéraux pour les projets d’infrastructures et doit pour cela être déposé auprès de la Confédération avant la fin de cette année. L’élaboration de cette charte s’est faite dans une certaine discrétion (c’est un euphémisme) et les Communes genevoises n’en ont découvert le contenu que dans le courant de l’été dernier ! Parmi les postulats que contient ce projet d’agglomération il y a celui qui prend en compte, d’ici 2025, une augmentation de la population de l’ordre de 200’000 habitants dans la région, dont 100’000 dans le seul canton de Genève ! Et il faudra bien les loger quelque part…

Qu’on ne se méprenne pas. Si ce projet se justifie largement à l’échelle régionale, faute de quoi Genève continuera à exporter son problème de logement et finira par être asphyxiée par un trafic de pendulaires devenu totalement incontrôlable, ses conséquences pour Bernex seront considérables.

En effet, une partie importante de ces nouveaux logements est prévue sur notre territoire. Contrairement à ce que pensaient certains il y a exactement deux ans, notamment lors d’un débat public consacré à l’arrivée du tram à Bernex  et, surtout, à sa prolongation sur la route de Chancy, en nous reprochant de peindre le diable sur la muraille, c’est bien cette infrastructure de transport public qui est à la source de ce qui apparaît comme étant désormais quasiment certain : la population de Bernex est appelée à doubler d’ici une vingtaine d’années ! Et Bernex constituera un pôle de développement de la région !

Bien sûr, on me rétorquera que rien n’est encore fait, que le plan directeur cantonal  doit être révisé et qu’il coulera encore passablement d’eau sous les ponts avant que tout cela ne se réalise.

Je n’en suis pas si sûr. Et quand on sait de quelle manière l’Etat a tenté d’imposer ses vues dans d’autres projets dans le canton, il n’y a qu’une seule manière de procéder, qu’une seule tactique à adopter : prendre l’initiative !

Le Conseil administratif et le Conseil municipal, qui s’est récemment déterminé sur ce sujet par une résolution votée à l’unanimité, sont unis sur la question.

Nous soutenons la prolongation de la ligne de tram jusqu’à l’ouest du village (route de Laconnex), tout en étant conscients de l’urbanisation que cela risque d’induire, à terme, du côté « Jura » de la route de Chancy. Toutefois, ce développement devra se faire de manière durable (pourquoi pas des éco-quartiers ?), par étapes et de manière équilibrée, en préservant les équilibres socio-économiques actuels, en veillant à une juste répartition des catégories de logements et des emplois, ainsi qu’à la préservation de notre qualité de vie.

Pour ce faire, nous avons décidé de réviser sans délai notre plan directeur communal, en testant différents scénarios, afin de garder l’initiative et de concrétiser une attitude que nous voulons résolument pro-active.

Un concours vient de désigner l’urbaniste qui sera chargé de ce travail, lequel devra être achevé à la fin 2008.

Nul doute que ce dossier sera au cœur du débat public bernésien durant toute l’année prochaine. Et bien au-delà !

Une année 2008 que je vous souhaite, à toutes et à tous, empreinte de belles satisfactions. Que mes meilleurs vœux de joie, de santé et de sérénité vous accompagnent.